Les TMS ne sont pas un diagnostic mais une famille : syndrome du canal carpien, tendinopathie de la coiffe des rotateurs, épicondylite, lombalgie liée à la manutention. Leur importance dans la gestion du risque vient de deux faits : ils dominent les maladies professionnelles reconnues, et ils sont désignés dans des tableaux — principalement le tableau 57 pour les affections péri-articulaires et le tableau 98 pour les lombalgies liées au port de charges lourdes.
Ce que ça implique concrètement
- Le tableau crée une présomption d’origine professionnelle. Si la maladie désignée, le délai de prise en charge et la liste de travaux correspondent, le salarié n’a pas à prouver le lien avec son travail. C’est ce qui rend le TMS financièrement lourd sans qu’aucun accident ne se soit produit.
- Le coût arrive avec du retard et il dure. Une maladie professionnelle reconnue pèse sur le compte employeur, souvent avec une incapacité permanente, donc sur le taux AT/MP pendant plusieurs années.
- Les facteurs se cumulent : répétitivité, force, angles articulaires extrêmes, vibrations, froid — et les facteurs organisationnels et psychosociaux qui réduisent les marges de manœuvre. Une évaluation qui ne regarde que le geste passe à côté de la moitié du problème.
- La prévention se joue à la conception : hauteurs de travail, poids unitaires, cadences, aides à la manutention. Les formations « gestes et postures » seules n’ont jamais fait baisser une courbe.
Ce que ce n’est pas
Ce n’est pas un accident du travail. Un TMS s’installe ; il n’a pas de date, pas de fait accidentel, et il ne se déclare pas dans les 48 heures. La déclaration suit le circuit des maladies professionnelles, avec ses délais et son certificat médical initial.
Ce n’est pas une usure normale liée à l’âge. L’argument est fréquent en contentieux et il ne prospère pas contre un tableau dont les conditions sont remplies.
Et ce n’est pas la pénibilité. Depuis 2017, les manutentions manuelles, les postures pénibles et les vibrations mécaniques ne sont plus des facteurs du compte professionnel de prévention : ils relèvent d’un autre dispositif. Un salarié peut développer un TMS reconnu sans avoir acquis un seul point.